Vendredi 4 décembre 2009
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13:00
La douleur est incommunicable, la détresse est solitaire. Les mots sont vains. Une marche blanche est devenue un tic. Sitôt une mort violente de préférence de façon barbare, le cortège
voyeur-exhibitionniste se met en marche. Or en général, ce sont au moins deux destins qui sont brisés : celui de la victime et celui de l'auteur du geste. Le recours systématique à ce type de
manifestation paradoxalement va à l'encontre du but recherché. C'est la banalisation du mal, la sanctification de l'horreur. Les seuls actes qui à mes yeux sont recevables car ménageant la
dignité humaine, se font dans l'anonymat. Sans démonstration au-vu d'Autrui.
Que recherche donc ces marcheurs? La conjuration de l'événement sans doute. A moins qu'ils ne veuillent inconsciemment faire taire la Bête tapie au fond d'eux-mêmes. Combien de personnes
sincères ? Combien sont là pour pouvoir dire : " j'y étô,y avô l'tv". Combien seront là pour éventuellement a posterio instrumentaliser cette marche à leur
unique profit ?
Enfin que dire du moment choisi ? Quelques jours après un demi-aveu alors que l'enquête est en cours. Alors qu'une famille doit encaisser un choc terrible et que la victime ne repose pas
encore en paix. J'avoue que je trouve cela indécent, pour ne pas dire pire.
J'abhorre cette société de l'immédiateté et de l'irrationnel ayant pour viatiques : sensiblerie et vulgarité
J'admets davantage une participation à une cérémonie ou un convoi funèbre. Avec une restriction de taille. Laisser les proches seuls lors de l'inhumation.
Par @vesnophis
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