montée de lait chez les producteurs fermiers de maroilles.

Publié le par @vesnophis

Il y a plus de sept ans, pas moins de 30 producteurs fermiers de maroilles attachés à leur terroir  ont fait un rêve : Créer une maison entièrement dévolue au  plus fin des fromages forts.
La sympathique initiative prend corps lors d'une rencontre avec Jean Vandeville, le président de la chambre d'agriculture qui pour donner la mesure invite tout le monde à visiter une fruitière dans le Jura.
C'est vrai que là-bas les méthodes traditionnelles ne perdent de vue ni la modernité nie la rentabilité.
La nouvelle s'ébruite vite et les industriels installés dans l'Aisne ne savent pas comment se sortir du piège tendu.
La riposte passe par l'intox et le tour des poids lourds de la Thiérache pour installer une Maison du maroilles mais...dans l'Aisne, susceptible de servir de vitrine pour leurs produits. Après tout, la grand'messe annuelle des professionnels qu'est La foire aux fromages ne se déroule-t-elle pas  à la Capelle et donc dans leur département ?

Battling Dédé
qui n'oublie pas qu'il est conseil général du Nord et surtout le big boss de la Communauté de communes Mormal-Maroilles fait le serment que tant qu'il sera là, une Maison du maroilles se fera à Maroilles et donc dans son Nord.
Maniant la carotte et le bâton  avec son air de ne pas y toucher, Battling Dédé obtient  des subventions pour études et réalisation du projet, puis tout ce qui faut pour un montage d'un partenariat public-privé.
Il persuade les producteurs fermiers de monter une coopérative dont ils seront de facto co-actionnaires. L'euphorie aidant 17 d'entre eux crachent au bassinet : 13.000 € per capita. Le temps venant et le budget de fonctionnement étant étriqué un nouvel appel à contribution est lancé. Un "coopérateur" jette l'éponge, un autre prend sa place.

Des fermiers aux industriels

Le bâtiment sort de terre, et il faut rechercher la perle rare qui pourra gérer ce qui prend des allures de mammouth.
Avant l'inauguration, la dizaine de délégués du contrôle de qualité (AOC) fait le déplacement. Donne son quitus. Officiellement tout baigne. Il faut dire que la plupart sont maintenant impliqués financièrement, ceci expliquera peut-être cela.
 Mezza voce, le discours est légèrement différent : la cave est trop grande sous plafond. Quant au haloir...

Au fil du temps, les charges sont vraiment trop lourdes, on a eu beau empiler les structures juridiques, la note est salée. Les espoirs fondés sur un nouveau produit "la pierre bleue" ne sont pas au rendez-vous. Des consommateurs qui se sont rendus à la Maison du maroilles ont été plutôt déçus par la qualité. Le problème réside dans un savant dosage de l'humidité, du chaud et du froid. Les spécialistes comprendront.

Pour éviter à tout prix de faire sombrer ce joli joujou; étranglés les producteurs fermiers n'ont plus qu'un seul recours se tourner vers les industriels. On a très longtemps murmuré, en croisant les doigts, que la sortie de crise serait marollaise. Les plus conscients savent qu'il n'en est rien.

Consolation

L'engouement pour le maroilles né avec Bienvenue chez les Ch'tis a boosté les vente, ,mais cela suffira-t-il à fidéliser une partie des nouveaux adeptes.

Pour ma part, partisan du bien manger je suis un peu le chantre des fabricants fermiers. En fonction des goûts du moment, je file chercher via CEV les produits de la ferme du Pont des Loups à Saint-Aubin, je suis un fan de la Ferme des Linières à Prisches, j'apprécie les fromages concoctés par les Roseleur, Juste (Etroeungt)...
Il existe des producteurs fermiers bio. Je dois l'avouer je ne me suis encore jamais rendu chez eux. Mais développement durable oblige...il me verront bientôt. Et pas sectaire quand il s'agit de qualité, il m'arrive d'aller dans l'Aisne.

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Publié dans agriculture

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