Du conseil municipal junior au conseil des anciens

Publié le par @vesnophis

Voilà quelques jours Madison Man, premier magistrat d’Avesnes annonçait l’avènement d’un conseil municipal junior (CMJ) dans sa commune. Didactique, dans un entretien dans la Voix du Nord, il expliquait  que ce dispositif ne pouvait être compris comme un gadget.

Cette initiative des élus de la cité sous-préfecture (qui même si elle vient après de nombreuses entreprises similaires dans le canton et la circonscription) mérite d’être saluée.

Comment analyser ce mode de  gestion municipale ? Cela peut-il s’appliquer à toutes les communes de l’arrondissement ?

Elle doit cruellement rappeler qu’un  bocageocrate  ne peut, ni ne doit  succomber en tant que responsable d’un exécutif aux sirènes du diktat de la modernité. Il faut parfois attendre que les concitoyens soient en capacité de s’approprier pleinement ce qui leur est offert, leur est proposé. 

L’annonce d’un CMJ lors de la campagne des municipales et le temps d’incubation nécessaire ont été pris en compte. L’âge du capitaine ne rentre nullement en compte. En choisissant de ne pas valider une telle mesure dans le premier semestre du mandat, Madison Man montre qu’il est maître de l’agenda. De plus il évite d’être taxé de faire du jeunisme. A Dourlers le jeune maire a démarré au quart de tour dans l’annonce de la mise en place d’un CJM, en début de mandat. Il pouvait se le permettre puisqu’il était le maire sortant. Il n’y a pas rupture. Il est connu et reconnu par toutes les strates de la population.

En revanche, une telle initiative aurait été mise sur les rails à Jeumont en début de mandat, avec un maire qui a largement moins de trente ans, celui-ci se serait pour le coup aliéner des Seniors qui inconsciemment auraient assimilé cela à une mise à la marge des retraités, à un véritable apartheid communal.  

La mise en place effective consacrée par l’installation du CJM tombe à pic pour couronner le premier anniversaire du mandat en cours.

Deux autres signaux sont émis : le premier brutal, sans  détour et compréhensible par tous ; Je fais ce que j’ai promis, le deuxième autrement  plus subliminal, la démocratie locale, j’en suis le garant. Et ce, tout en coupant l’herbe sous le pied de son opposition.

Cerise sur le gâteau, le maire élargit son champ de sympathisants, il se donne une bouffée d’oxygène masquant ainsi des mesures plus discutables dont ses opposants s’empareront. Il n’hypothèque pas l’avenir. Il a au contraire in vivo un véritable laboratoire pour la relève, il se donne quatre ans pour déceler ceux qui auront la capacité de passer sous la bannière de celui qu’il aura adoubé au moment où lui-même se retirera.

Autant dire qu’il y a un sans-faute dans l’approche et la mise en œuvre d’une disposition.

Dans une commune de plus petite taille

L’empathie est plus facile avec la majorité de la population. Il n’empêche que pour une collectivité avec une pyramide des âges inversée, et un maire retraité, cela est moins aisé. Ne pouvant admettre trop longtemps un décrochage sur le plan de la démocratie locale avec les communes limitrophes, il va falloir envisager un dispositif de balance: Dans les deux ans qui viennent la mise en place du CMJ, et en fin de mandat un conseil des anciens (CDA). Cela a également le mérite pour le sortant, s’il y a plusieurs  associations d’anciens de les associer à une politique spécifique vis-à-vis d’eux, de recueillir en temps réel, les aspirations de cette population et par incidence fédérer les énergies, assourdir toute tentative de déstabilisation de son conseil municipal.

Le conseil des anciens, outils de régulation et de prévention des conflits

Dans les communes de plus de 3000 habitants, c’est le nouvel échelon à gravir, le nouveau jalon à poser dans une politique de démocratie locale. Voilà deux semaines, le jour de la parution de l’ITW de Madison Man, l’édition « métropole » de VDN consacrait l’une de ses pages à l’émergence et l’annonce d’un Conseil des anciens dans chaque quartier de Lille. Dans notre Avesnois, que ce soit L’Arpenteur, Jojo Grincheux, Teddy Bernie voire Pasionaria dans leur ville de Maubeuge, Hautmont, Aulnoye, Louvroil ne pourront éviter d’intégrer un  tel paramètre. Mais pour cela, un tempo doit être donné. Ces bocageocrates devront déterminer le moment favorable à l’éclosion de CDA. Tous les quatre sont des sortants reconduits, la meilleure période pour semer sera sans conteste la deuxième partie du mandat. Restera à récolter le jour J.  (J’y reviendrai une autre fois)

 

Les jeunes maires ont un bénéfice évident à tirer d’une telle démarche. Je l’ai remarqué avant-hier lors d’un déplacement  à Laval  dans la Mayenne. Le député-maire Guillaume Garot, 45 ans a décidé de tester le dispositif en Janvier dernier. Dans notre arrondissement, l’émergence de cet outil à Jeumont ne pourrait qu’assoire  un peu plus et élargir la sphère d’empathie de ce segment de population avec son premier magistrat. 

 

Des légitimités juxtaposées ?

Ces conseils faut il le répéter ne sont que consultatifs. Le primat du scrutin municipal demeure. La légitimité des conseils consultatifs s’applique exclusivement à leurs membres. Les conseils consultatifs deviennent des baromètres, tant pour le premier magistrat que pour l’adjoint ou le conseiller municipal délégué en  charge de la démocratie locale. Certains maires peuvent se demander s’il est nécessaire de « contrôler », de « verrouiller » de telles instances. Je le dis clairement non seulement ce serait une erreur mais plus sûrement une faute. Car en période de crise qu’on refuse de l’admettre ou non, le pouvoir est désespérément solitaire. Il y a une attente implicite de la population que le maire garde la main, se fasse le héraut de leur cause ; Bref, qu’il assume ses responsabilités. Ce qui guette en général à  mi-mandat un maire, c’est la fragilisation de sa majorité, la concurrence pour ne pas dire la rivalité entre ses adjoints qui parfois pour ne pas paraître en difficulté ne remonteront pas l’information vers le  « patron »  d’un bug. Cela peut coûter cher.

Ne pas « contrôler » la composition d’un conseil exécutif permet de pallier les déficiences d’un adjoint, des zélateurs.

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